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Une rencontre: Olivier Chazal, directeur du Club ADEME International

Je tiens aujourd’hui à vous parler d’une rencontre : celle d’Olivier Chazal du Club ADEME International. Vous me connaissez, je suis convaincu que les relations humaines sont au cœur de ce qu’on appelle classiquement « les affaires » et du commerce qui veut dire « échanger » en latin. Dans le cas d’Olivier Chazal, on ne saurait mieux dire.

Olivier et moi nous sommes connus lors d’une rencontre organisée en 2008 au Sénat dédiée à un focus pays, à savoir Djibouti. Il venait alors de prendre ses fonctions au sein du Club ADEME International, un EPIC qui a pour mission de fédérer des éco-entreprises innovantes souhaitant initier une démarche d’internationalisation. Cet intérêt commun nous a immédiatement rapprochés. 

Rapidement, nous avons collaboré, dans le cadre d’une mission à Djibouti et en Éthiopie avec de nombreuses entreprises actives dans le domaine de l’énergie et de l’environnement. L’objectif était simple mais ambitieux : faire la promotion des technologies françaises dans cette zone stratégique, où de réels besoins existaient. Plusieurs des entreprises que nous avons accompagnées ont remporté des contrats, notamment dans le domaine du traitement de l’eau. Il s’agit là d’une expérience dont Olivier et moi-même gardons un souvenir fort, notamment parce qu’elle fait partie de ces réussites qui vous confortent dans la conviction que le développement économique doit accompagner, renforcer et motiver le développement humain.

Une complémentarité d’expertises professionnelles et des valeurs communes

Par la suite, j’ai eu l’occasion de collaborer à de multiples reprises avec Olivier et le Club ADEME International. Nous avons notamment organisé plusieurs événements, toujours dans l’optique de fédérer des entrepreneurs, des PME et des ETI, afin de les soutenir dans leur démarche d’internationalisation. J’ai apporté mon expertise à nombre d’entre elles sur des zones géographiques que je connais bien, comme le Maroc. Dans ce pays, j’ai, par exemple, eu le plaisir de mobiliser mon réseau et de mettre mes compétences au service de la société Solveo Energie, qui a finalement remporté un très important contrat dans le domaine du stockage de l’énergie. Le Maroc avait un besoin pour la construction de villes nouvelles ; cette entreprise proposait une solution innovante. Ne manquait plus que l’accompagnement, l’expertise et le conseil : c’est là que je suis intervenu. Aujourd’hui, Solveo possède une filiale au Maroc, signe du potentiel et de l’énergie qu’a permis de libérer cette première étape.

Au fond, Olivier et moi-même œuvrons auprès des entreprises dans une parfaite complémentarité: nous formons un binôme efficace ! Le Club ADEME International propose un accompagnement notamment sur les questions réglementaires, le domaine de l’énergie et de l’environnement étant caractérisé par de nombreuses contraintes en ce domaine. Pour ma part, je mobilise ma connaissance du terrain, mes contacts sur place et mon expertise dans le développement d’affaires à l’international, afin de donner aux entreprises, quelles que soient leur taille et leur ambition, tous les outils nécessaires à leur réussite. Nous avons pour habitude de dire que la seule limite est celle que les entrepreneurs s’imposent à eux-mêmes !

Olivier et le Club ADEME International font partie de ces partenaires au long cours, dont vous avez la certitude qu’ils seront toujours présents dans les grandes aventures. Je suis d’ailleurs fier de compter le Club ADEME International parmi les partenaires des Rencontres d’Affaires Francophones et Internationales à chaque édition. J’y vois la preuve qu’au-delà des belles success stories qui jalonnent notre collaboration depuis plusieurs années, au-delà de la qualité du contact humain, le moteur essentiel demeure l’attachement à l’international et la passion que nous partageons pour l’innovation et la promotion de l’entrepreneuriat en France et dans le monde. 

Le Covid19, ou la nécessité de s’adapter

Trois mois après l’apparition du covid-19, les premières conséquences se font sentir sur l’économie mondiale. La croissance prévisionnelle mondiale, qui devait s’établir à 3,3% d’après les calculs publiés par le FMI en 2020, risque de ne pas être aussi forte que prévue. Tandis que les marchés financiers montrent des signes de fébrilité, certains commentateurs évoquent d’ores et déjà des risques de récession dans certains pays, comme l’Italie. En Chine, malgré l’absence de chiffres clairs, les répercussions sur l’activité économique sont bel et bien réelles… et la contagion aux autres pays asiatiques semble se confirmer. Ainsi, le Japon a lui aussi annoncé que son économie pourrait bien connaître une récession.

L’économie française n’est bien évidemment pas épargnée. Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, estime que le taux de croissance prévisionnel devra finalement être revu à la baisse de 0,1 point en 2020, alors que la crise sanitaire ne fait semble-t-il que débuter. L’économiste en chef de la banque Natixis, Patrick Artus, estime quant à lui que la situation pourrait se révéler bien plus délicate. Selon lui « un simple recul de 10 % du commerce chinois, c’est environ 0,3 % de croissance en moins en Europe ».

La crise menace de nombreux secteurs, à commencer par l’industrie du tourisme. Avec 2,5 millions de voyageurs chaque année, celle-ci anticipe déjà une baisse de 30 à 40% des visites de touristes chinois cette année, notamment dans la région parisienne, la Bourgogne et la Côte d’Azur. Mais les voyageurs en provenance d’autres zones géographiques seront également concernés. Selon certaines estimations, cette baisse de fréquentation pourrait faire perdre jusqu’à 2 milliards d’euros de recettes touristiques à notre pays. Les capacités d’anticipation de ce choc par les pouvoirs publics seront alors décisives pour limiter les répercussions sur l’économie réelle…

Des conséquences très concrètes pour les entreprises

Depuis la crise financière de 2008, les marchés financiers n’avaient pas connu une telle panique. La multiplication des cas de coronavirus dans le monde a progressivement dégradé la confiance des investisseurs dans les salles de marchés, avec des pertes enregistrées autour de 12-13% depuis le 24 février à Wall Street et les grandes places boursières européennes. Christian Parisot, chef économiste d’Aurel BGC, expliquait fort justement il y a quelques jours que le coronavirus constituait désormais « un choc économique » compte tenu de la baisse à venir des bénéfices des sociétés.

Progressivement, plusieurs grandes entreprises ont en effet publié l’estimation des coûts de cette épidémie sur leur activité. Schneider Electric anticipe à ce titre un « impact négatif de 300 millions d’euros » sur son chiffre d’affaires du premier trimestre. Le géant français de l’électroménager Seb

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prévoit quant à lui une perte de 250 millions de chiffre d’affaires au premier trimestre 2020. C’est aussi le cas du numéro deux mondial de la gestion de l’eau et des déchets Suez, qui chiffre ses pertes à 30 à 40 millions d’euros. Et le phénomène n’en est qu’à ses débuts : le président délégué du Medef, Patrick Martin, déclarait la semaine passée que le véritable défi était « la durée des perturbations : il y a une telle imbrication des économies, un tel poids de la sous-traitance que ça va prendre des mois pour remettre en route le système sans anicroche ».

Le coronavirus : un game changer inattendu

Il serait aussi long qu’inutile d’établir la liste de toutes les conséquences qu’une crise prolongée pourrait engendrer : accumulation de stocks, déstabilisation violente des marchés, pénuries… Face à ces différents scénarios, les entreprises réagissent d’ores et déjà. Certaines industries du secteur pharmaceutique, particulièrement présentes en Chine, ont d’ores et déjà annoncé qu’elles envisageaient de délocaliser leurs productions, afin de garantir l’acheminement des produits en cas de pérennisation de la crise. L’industrie du jeu-vidéo, de son côté, très présente en Asie, redouble de résilience et s’efforce de relocaliser certains événements pourtant prévus de longue date. Le coronavirus est devenu un risque systémique et n’épargne également pas les PME-PMI et ETI.

Au-delà de ces adaptations « de crise », pressées par l’urgence de la situation, l’idée d’une relocalisation de certaines activités à plus long terme commence à émerger et à faire son chemin. Les tensions d’approvisionnement extrêmes qui paralysent l’industrie électronique conduisent certaines entreprises à envisager une réorientation de leur stratégie de production. Distributeurs et fabricants avaient déjà fait preuve d’adaptation en constituant des stocks dès les premiers cas déclarés. Désormais, ils réfléchissent à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine, choisie avant tout pour des questions de coûts de production, en s’implantant ailleurs.

A n’en pas douter, d’autres secteurs industriels suivront. Bien évidemment, l’adaptation des chaînes de valeurs ne se fera ni rapidement, ni sans coût. Mais face à un phénomène d’une telle ampleur, les acteurs économiques n’ont d’autre choix que d’ajuster leurs stratégies et leurs prévisions, en intégrant de nouveaux paramètres. Car l’anticipation nécessite une véritable flexibilité, pour être capable de tenir compte de tous les événements, et a fortiori des événements imprévisibles. Compte tenu des faiblesses inhérentes à une économie très profondément mondialisée, où les interdépendances fortes agissent comme des courroies de transmission des chocs exogènes, l’adaptation demeure encore et toujours la clef.

L’internationalisation, réservée aux grandes entreprises ?

C’est un fait : les PME françaises sont peu présentes à l’international (en 2017, parmi les presque 4 millions de PME françaises, on ne comptait que 125 000 exportatrices) ; surtout, elles le sont bien moins que leurs voisines italiennes ou allemandes… En effet, les dirigeants d’entreprises que j’ai pu rencontrer au cours de ma carrière m’ont souvent fait part de leurs inquiétudes à l’idée de développer leur activité à l’international : mélange de peur de l’inconnu, de doutes sur le succès de l’opération, de difficulté à se projeter dans un environnement différent…

Je voudrais aujourd’hui, avec ce post, tordre le cou à cette idée reçue : non, l’internationalisation n’est pas réservée aux grandes entreprises. Passons en revue quelques-uns des obstacles qui freinent l’internationalisation : vous le verrez, ils sont en premier lieu d’ordre psychologique, et peuvent être surmontés si le dirigeant se sent en confiance.

Il faut avoir atteint une certaine taille pour s’internationaliser

Alors que les grands groupes français sont très internationalisés, les PME et ETI sont souvent à la traine… Chez certains dirigeants d’entreprise, l’idée selon laquelle il faudrait avoir atteint une taille critique pour s’aventurer hors des frontières est très présente, et motive des comportements d’autocensure : « ce n’est pas fait pour moi », « nous sommes trop petits pour exister hors de notre marché naturel », etc.

A certains égards, il est pourtant plus simple pour une PME de s’internationaliser : moins sclérosée, plus agile, plus souple qu’un grand groupe, elle peut plus facilement intégrer les bouleversements qu’induit l’internationalisation. Notons au passage qu’il est recommandé d’avoir su bâtir une position solide sur son marché domestique avant d’ouvrir les portes de l’international et ce, pour maximiser les chances de succès.

L’internationalisation coûte trop cher

On imagine souvent que le processus d’internationalisation doit passer par une implantation à l’étranger, par l’ouverture d’une filiale… ce qui représente un investissement conséquent – en temps comme en capital. Un tel projet peut donc être difficile à supporter pour une entreprise de quelques salariés, d’autant que le retour sur investissement n’est ni garanti, ni immédiat.

Inutile de commencer en visant trop haut ! Une première expérience à l’international peut tout simplement commencer par une démarche export. C’est une façon de tester un marché, de se donner le temps avant d’engager des investissements plus importants, mais aussi de nouer des partenariats stratégiques et/ou capitalistiques.

L’internationalisation est trop risquée 

Comme tout projet d’investissement, il est vrai que l’internationalisation représente un risque pour l’entreprise. Mais cet argument revient à voir le verre à moitié vide : il est facile d’avancer, au contraire, que l’internationalisation est une façon de diversifier les risques, et donc de s’en prémunir. En effet, être présent sur plusieurs marchés permet d’être moins sensible aux aléas du marché domestique, et donc de rendre son entreprise plus forte, plus résiliente.

Et après… ?

Ce que montrent les chiffres, c’est qu’une fois engagé, le processus d’internationalisation s’entretient de lui-même. Ainsi, d’après le baromètre export publié par notre partenaire Euler Hermès, 84% des entreprises françaises exportatrices voulaient augmenter leur chiffre d’affaires à l’export pour l’année 2018.

Alors, n’hésitez plus ! La clé de la réussite réside avant tout dans l’envie du dirigeant de s’ouvrir à de nouvelles opportunités de croissance et dans la préparation stratégique en amont de la démarche d’internationalisation. Dans un précédent post, j’avais d’ailleurs évoqué quelques uns des éléments nécessaires dans la préparation du processus d’internationalisation.

J’ai lancé, en fin d’année dernière, Mission Internationale, la première marketplace qui met en relation des PME-PMI et ETI avec des experts compétents pour les accompagner dans leur projet à l’international. Pour la découvrir, c’est ici : https://www.mission-internationale.com/

Ce que l’internationalisation change pour un dirigeant d’entreprise

4,4% de croissance en Pologne, 6,3% en Chine, 5,3% en Égypte, de nombreux pays affichent des indicateurs propices aux affaires… S’internationaliser, pour un dirigeant d’entreprise, c’est potentiellement accéder à des marchés dynamiques, et donc conférer au développement de son activité une dimension nouvelle. Cette évidence est clairement ressentie par les dirigeants de PME-PMI et d’ETI : près des trois quarts d’entre eux, en France, considèrent que le développement à l’international permet de trouver de nouveaux relais de croissance.

Pourtant, au cours de ma carrière, aux côtés d’entrepreneurs aux parcours diversifiés, j’ai pu observer à quel point l’internationalisation n’allait pas de soi. L’internationalisation, ce n’est pas uniquement la promesse d’une accélération du développement de son entreprise, c’est aussi, et peut-être avant tout, la confrontation avec ses propres interrogations, ses doutes, ses freins psychologiques et, au fond, avec la raison même qui nous a poussé à entreprendre. Autant de questionnements qui ont de quoi faire peur, tant ils impliquent de se frotter, à tous les niveaux, à des enjeux parfois totalement étrangers à notre façon de travailler et à notre culture entrepreneuriale.

Comment expliquer ce décalage entre un constat partagé par une large majorité (« l’internationalisation est un formidable potentiel pour mon entreprise ») et une appréhension très forte chez de nombreux dirigeants, pourtant directement concernés (« ce n’est pas pour moi, je ne sais pas faire, je n’y arriverai pas ») ? Je crois que la réponse réside dans la manière dont beaucoup d’entrepreneurs se posent la question. Si l’on envisage l’internationalisation comme un simple changement d’échelle de son activité, alors les réticences, que j’ai si souvent observées, sont tout à fait logiques. Qui serait totalement serein à l’idée de multiplier par deux ou trois la taille de son entreprise, le nombre de ses collaborateurs, son volume de production… ?

Un processus qui rebat les cartes

Réduire l’internationalisation à un simple accroissement quantitatif est une erreur, et cette erreur explique que nombre de dirigeants d’entreprise se sentent illégitimes pour se lancer à la conquête d’un marché étranger. S’internationaliser, ce n’est pas faire la même chose que chez soi dans un autre pays. Si tel était le cas, il suffirait de s’entourer d’interprètes, et le tour serait joué ! Bien au contraire : il s’agit d’un processus qui implique, pour tout dirigeant qui s’y confronte, d’être prêt à repenser sa manière de travailler, son rôle dans l’entreprise, et ses propres perspectives. Il s’agit de savoir se remettre en cause et d’accepter les changements qui en découlent. Est-il utile de rappeler les nombreux défis qui se posent lors de cette phase stratégique pour une entreprise ? Acquisition de connaissances sur les marchés ciblés, identification d’acteurs locaux de confiance, animation d’un écosystème de partenaires, adaptation du business model, maîtrise de la réglementation locale…

Quand j’accompagne à l’international des entrepreneurs, je souhaite insister sur ces points pour déclencher des prises de conscience. En raison de l’existence d’une multitude de difficultés d’ordre technique, commercial, juridique ou financier, le processus d’internationalisation débute avant tout par un état des lieux des forces et faiblesses de l’entreprise : c’est ce qu’on appelle le diagnostic export. Cet exercice renvoie inévitablement le dirigeant à son rôle de leader visionnaire, à sa façon d’entreprendre et à la culture d’entreprise qu’il a insufflée.

Pour prendre toute la mesure d’un déploiement d’activités en dehors des frontières, il est impératif de comprendre la réalité de terrain. Cela implique donc de voyager fréquemment à l’étranger. Même le plus actif des dirigeants d’entreprise ne peut faire preuve d’ubiquité, et il lui faut alors intégrer ces nouveaux paramètres afin de mettre en place un nouveau dispositif organisationnel. De la restructuration en profondeur du top management à la simple délégation ponctuelle de compétences, il existe toute une palette de possibilités, chacune d’entre elles dépendant des particularités de l’entreprise. C’est là un autre enjeu passionnant de mon métier : comprendre chaque cas dans sa complexité et ses spécificités afin d’aider le dirigeant à faire le meilleur choix.

Changement de périmètre

Quoi qu’il en soit, le rôle du dirigeant d’entreprise est immanquablement appelé à changer de dimension sitôt que celui-ci a fait le choix de l’internationalisation. Son temps et son énergie seront davantage consacrés à la conception d’une stratégie globale, à la détection de partenaires locaux, à l’identification de dispositifs de financements adaptés, à la prévention des risques… Certains choisissent de renoncer à l’opérationnel, d’autres préfèrent conserver certaines fonctions exécutives. Là encore, une multitude de possibilités existe. Mais, toutes impliquent la redéfinition des périmètres d’intervention des forces vives en présence et une réflexion quant aux talents à « embarquer » dans le processus.  

Dans un tel contexte, il m’est souvent arrivé de faire face aux craintes des dirigeants qui, soucieux de ne pas perdre le contact, redoutaient que l’internationalisation ne les « coupe » de leurs équipes. C’est là encore la preuve qu’un tel processus n’est pas un simple élargissement de son marché. Il s’agit bel et bien d’une aventure humaine avant tout ! C’est une démarche qui ne s’improvise pas. Elle doit être expliquée, incarnée et portée avec conviction, afin d’engager les collaborateurs, mais également les parties prenantes. 

Tout processus d’internationalisation reposant sur une bonne compréhension des enjeux et des perspectives qui attendent l’entreprise et son dirigeant, Mission Internationale défend une approche globale et intégrée. Nous ne fournissons pas simplement aux entrepreneurs une boite à outils et des réseaux de contacts à même de les aider à développer leur activité en dehors de leur pays. Au-delà de la structuration et du pilotage du projet, nous accompagnons également les entrepreneurs, tant sur le plan personnel que sur le plan managérial, dans ce défi difficile mais éminemment gratifiant. C’est ma conviction depuis toujours : l’internationalisation est une aventure à la fois entrepreneuriale et humaine. L’accompagnement de cette double dimension continue d’être une source de joie et de satisfaction. 

Wuhan et le coronavirus : une occasion de parler des risques (et de leur anticipation !)

La ville de Wuhan, au cœur de l’actualité ces derniers jours à cause de l’impressionnante mise en quarantaine décidée par les autorités chinoises pour tenter de prévenir la propagation du coronavirus, est un ancien comptoir français. Les liens entre cette mégalopole qui compte plus de 11 millions d’habitants et notre pays sont aussi puissants qu’anciens : elle est aujourd’hui la ville chinoise qui reçoit le plus d’investissements français. Plus de 500 expatriés français y travaillent, principalement dans le secteur automobile. PSA y compte trois sites de production, et Renault y a ouvert sa première usine chinoise il y a deux ans. 

Au-delà du secteur automobile, Wuhan est depuis longtemps une porte d’entrée sur la Chine prisée des entreprises françaises, et plus largement des entreprises européennes. Sa localisation stratégique, au carrefour de l’axe Pékin-Hong-Kong et du Yangtsé, constitue un atout évident, qui en fait un pôle d’implantation de choix. Wuhan compte en outre plusieurs consulats européens ainsi qu’une Alliance Française très active, et développe depuis de nombreuses années des partenariats culturels importants avec la France (notamment avec l’université de Lille ou avec l’École des Chartes) : autant d’éléments de facilitation dans un pays qui, à bien des égards, peut sembler (à tort !) d’un accès difficile aux entreprises françaises.

Si les facteurs d’attractivité sont bien connus, les risques, eux, le sont moins. A titre d’exemple, la guerre commerciale en dents de scie que se livrent Pékin et Washington depuis quelques années n’a pas nécessairement été bien anticipée par tous les acteurs. Les conséquences des taxes douanières décrétées par Donald Trump ont pourtant un réel impact commercial pour les entreprises étrangères présentes en Chine. Certes, les particularités du modèle politique chinois nous sont, elles, plus familières. Mais là encore, rares étaient ceux qui avaient vu venir la crise hongkongaise et la subite incertitude qu’elle a fait naître au cœur d’un régime dont on vante si souvent la stabilité. 

Le risque sanitaire : une fatalité imprévisible ?

Le risque sanitaire n’est jamais à écarter — mais il est par essence extrêmement difficile à prévoir. Il est toutefois erroné de prétendre, comme on a pu l’entendre à plusieurs reprises ces derniers jours, qu’il serait « imprévisible » et qu’il surviendrait de manière aussi soudaine qu’inexplicable. Depuis quelques années, la question de l’anticipation, de la prévention et de la gestion des risques sanitaires est l’objet d’un intérêt nouveau, notamment porté par des experts en accompagnement à l’internationalisation des entreprises. S’appuyant sur l’état des infrastructures de santé, sur le degré d’implémentation des normes sanitaires internationales, ou encore sur des modélisations démographiques, ces expertises fournissent des éléments prévisionnels précieux.

Bien sûr, même l’expertise la plus pointue n’aurait pu prévoir l’épidémie actuelle, pas davantage d’ailleurs qu’elle ne pourrait en deviner les développements futurs, que l’on espère tous aussi restreints que possible. Mais le rôle d’une expertise n’est pas de prédire l’avenir : il s’agit de préconiser des solutions pour chaque éventualité, évaluée à la juste mesure de sa probabilité et de ses impacts pour l’activité de l’entreprise. Un entrepreneur français installé à Wuhan, spécialisé dans la fourniture d’équipements pour l’industrie automobile, expliquait récemment que la gestion intelligente des stocks, supposée pallier les problèmes d’approvisionnement de ses clients chinois dans une situation de crise comme celle-ci, s’était tout à coup révélée inutile. Car une donnée n’avait pas été anticipée : le gel de tous les transports en provenance de Wuhan… 

Dans un tel cas, lorsque le risque n’a pas pu être entièrement anticipé, il faut alors pouvoir se reposer sur un facteur clef : l’adaptation. Réagir rapidement, activer des réseaux auxquels on n’aurait pas pensé « en temps normal », remettre en question les évidences… Telles sont les qualités qu’exigent ces contextes extraordinaires qui se présenteront certainement avec une récurrence et une intensité accrue à l’avenir en raison des risques extrêmes liés au réchauffement climatique, et pour lesquels les conseils stratégiques d’un expert sont toujours précieux. L’entrepreneur que j’évoquais plus haut a ainsi décidé d’approvisionner ses clients depuis ses sites de production français, par fret aérien. Une solution très provisoire, certes, mais qui peut se révéler cruciale dans un marché extrêmement concurrentiel comme celui de la construction automobile en Chine.

Il y aura toujours des esprits avisés pour critiquer ceux qui auront pris des risques, et leur expliquer qu’ils se sont trompés. Je crois au contraire que la prise de risque est la partie la plus noble, car la plus difficile et la plus gratifiante à la fois, du métier d’entrepreneur. Les hommes et les femmes qui acceptent de relever le défi de l’internationalisation font preuve de courage. Ils méritent d’être épaulés, d’être conseillés et d’être entourés par des experts à même de faire aboutir leur projet. Vous le savez, c’est le sens de mon engagement depuis de nombreuses années, et c’est le rôle que joue la marketplace Mission Internationale, que j’ai lancée en novembre dernier. En mettant en relation des entreprises et des consultants indépendants ou experts, quels que soient leur pays, leur secteur d’activité ou leur domaine d’expertise, elle fournit des ressources indispensables à la réussite de tout processus d’internationalisation.

Les crises comme celle que nous traversons ne doivent en aucun cas alimenter le découragement ou le pessimisme : elles sont au contraire autant d’occasions propices à la réflexion, à l’amélioration et au perfectionnement. Ne rappelle-t-on pas souvent que l’idéogramme chinois pour « crise » est composé de deux symboles signifiant respectivement « danger » et… « opportunité » ? Les entrepreneurs se doivent d’être visionnaires tout comme les experts qui les accompagnent à franchir le cap de l’international. 

Pour découvrir la marketplace Mission Internationale et vous inscrire, que vous soyez entrepreneur ou consultant-expert, c’est ici : https://www.mission-internationale.com/

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