Wuhan et le coronavirus : une occasion de parler des risques (et de leur anticipation !)

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La ville de Wuhan, au cœur de l’actualité ces derniers jours à cause de l’impressionnante mise en quarantaine décidée par les autorités chinoises pour tenter de prévenir la propagation du coronavirus, est un ancien comptoir français. Les liens entre cette mégalopole qui compte plus de 11 millions d’habitants et notre pays sont aussi puissants qu’anciens : elle est aujourd’hui la ville chinoise qui reçoit le plus d’investissements français. Plus de 500 expatriés français y travaillent, principalement dans le secteur automobile. PSA y compte trois sites de production, et Renault y a ouvert sa première usine chinoise il y a deux ans. 

Au-delà du secteur automobile, Wuhan est depuis longtemps une porte d’entrée sur la Chine prisée des entreprises françaises, et plus largement des entreprises européennes. Sa localisation stratégique, au carrefour de l’axe Pékin-Hong-Kong et du Yangtsé, constitue un atout évident, qui en fait un pôle d’implantation de choix. Wuhan compte en outre plusieurs consulats européens ainsi qu’une Alliance Française très active, et développe depuis de nombreuses années des partenariats culturels importants avec la France (notamment avec l’université de Lille ou avec l’École des Chartes) : autant d’éléments de facilitation dans un pays qui, à bien des égards, peut sembler (à tort !) d’un accès difficile aux entreprises françaises.

Si les facteurs d’attractivité sont bien connus, les risques, eux, le sont moins. A titre d’exemple, la guerre commerciale en dents de scie que se livrent Pékin et Washington depuis quelques années n’a pas nécessairement été bien anticipée par tous les acteurs. Les conséquences des taxes douanières décrétées par Donald Trump ont pourtant un réel impact commercial pour les entreprises étrangères présentes en Chine. Certes, les particularités du modèle politique chinois nous sont, elles, plus familières. Mais là encore, rares étaient ceux qui avaient vu venir la crise hongkongaise et la subite incertitude qu’elle a fait naître au cœur d’un régime dont on vante si souvent la stabilité. 

Le risque sanitaire : une fatalité imprévisible ?

Le risque sanitaire n’est jamais à écarter — mais il est par essence extrêmement difficile à prévoir. Il est toutefois erroné de prétendre, comme on a pu l’entendre à plusieurs reprises ces derniers jours, qu’il serait « imprévisible » et qu’il surviendrait de manière aussi soudaine qu’inexplicable. Depuis quelques années, la question de l’anticipation, de la prévention et de la gestion des risques sanitaires est l’objet d’un intérêt nouveau, notamment porté par des experts en accompagnement à l’internationalisation des entreprises. S’appuyant sur l’état des infrastructures de santé, sur le degré d’implémentation des normes sanitaires internationales, ou encore sur des modélisations démographiques, ces expertises fournissent des éléments prévisionnels précieux.

Bien sûr, même l’expertise la plus pointue n’aurait pu prévoir l’épidémie actuelle, pas davantage d’ailleurs qu’elle ne pourrait en deviner les développements futurs, que l’on espère tous aussi restreints que possible. Mais le rôle d’une expertise n’est pas de prédire l’avenir : il s’agit de préconiser des solutions pour chaque éventualité, évaluée à la juste mesure de sa probabilité et de ses impacts pour l’activité de l’entreprise. Un entrepreneur français installé à Wuhan, spécialisé dans la fourniture d’équipements pour l’industrie automobile, expliquait récemment que la gestion intelligente des stocks, supposée pallier les problèmes d’approvisionnement de ses clients chinois dans une situation de crise comme celle-ci, s’était tout à coup révélée inutile. Car une donnée n’avait pas été anticipée : le gel de tous les transports en provenance de Wuhan… 

Dans un tel cas, lorsque le risque n’a pas pu être entièrement anticipé, il faut alors pouvoir se reposer sur un facteur clef : l’adaptation. Réagir rapidement, activer des réseaux auxquels on n’aurait pas pensé « en temps normal », remettre en question les évidences… Telles sont les qualités qu’exigent ces contextes extraordinaires qui se présenteront certainement avec une récurrence et une intensité accrue à l’avenir en raison des risques extrêmes liés au réchauffement climatique, et pour lesquels les conseils stratégiques d’un expert sont toujours précieux. L’entrepreneur que j’évoquais plus haut a ainsi décidé d’approvisionner ses clients depuis ses sites de production français, par fret aérien. Une solution très provisoire, certes, mais qui peut se révéler cruciale dans un marché extrêmement concurrentiel comme celui de la construction automobile en Chine.

Il y aura toujours des esprits avisés pour critiquer ceux qui auront pris des risques, et leur expliquer qu’ils se sont trompés. Je crois au contraire que la prise de risque est la partie la plus noble, car la plus difficile et la plus gratifiante à la fois, du métier d’entrepreneur. Les hommes et les femmes qui acceptent de relever le défi de l’internationalisation font preuve de courage. Ils méritent d’être épaulés, d’être conseillés et d’être entourés par des experts à même de faire aboutir leur projet. Vous le savez, c’est le sens de mon engagement depuis de nombreuses années, et c’est le rôle que joue la marketplace Mission Internationale, que j’ai lancée en novembre dernier. En mettant en relation des entreprises et des consultants indépendants ou experts, quels que soient leur pays, leur secteur d’activité ou leur domaine d’expertise, elle fournit des ressources indispensables à la réussite de tout processus d’internationalisation.

Les crises comme celle que nous traversons ne doivent en aucun cas alimenter le découragement ou le pessimisme : elles sont au contraire autant d’occasions propices à la réflexion, à l’amélioration et au perfectionnement. Ne rappelle-t-on pas souvent que l’idéogramme chinois pour « crise » est composé de deux symboles signifiant respectivement « danger » et… « opportunité » ? Les entrepreneurs se doivent d’être visionnaires tout comme les experts qui les accompagnent à franchir le cap de l’international. 

Pour découvrir la marketplace Mission Internationale et vous inscrire, que vous soyez entrepreneur ou consultant-expert, c’est ici : https://www.mission-internationale.com/

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